Le Cloud Public n’est plus une option

 

Quand je vois le nombre de projets chez les clients qui restent dans le périmètre du Cloud privé, alors qu’ils seraient éligibles au Cloud Public, je suis perplexe. Malgré tous ses avantages, le Cloud Public fait toujours peur à une grande majorité de clients, souvent parce qu’ils ont cette sensation de perdre la main sur l’infrastructure. « Le Cloud Public, on ne sait pas ce qu’il y a derrière » répliquent-ils toujours.

J’ai échangé récemment avec un DSI qui m’a clairement indiqué qu’il avait en effet du mal à lâcher le mode CAPEX vers de l’OPEX car il avait cette impression de perdre la maîtrise des coûts sur les services IT. Pourtant, celui qui ne pense pas Cloud aujourd’hui dans la conception d’une nouvelle solution devrait se poser quelques questions. Contrairement à une infrastructure classique, n’importe qui peut y aller sans pour autant avoir fait des études en informatique ou connaître le fonctionnement d’un switch, d’un SAN, de savoir ce qu’est un firmware…ou de s’apercevoir au démarrage du projet qu’il manque les câbles (c’est du vécu…). Le premier intérêt du Cloud est là : on achète un service sans avoir à le gérer, du moins au départ et selon ce qu’on en fait. Le Cloud permet d’accélérer la mise à disposition de nouveaux projets et services sans pour autant devoir faire des investissements massifs sur plusieurs années. Il deviendra donc très rapidement, incontournable. Une étude du Gartner d’ailleurs, sortie il y a quelques jours, corrobore : d’ici 2020, le « No Cloud » sera aussi rare que le « No Internet » aujourd’hui. Le Cloud Public n’est plus une option.

Jamais sans experts

Mais sur les projets que je vois passer, 80 à 90% partent d’un Cloud Privé vers un Cloud public sans aucune transformation (on migre de la VM vers de la VM) ce qui montre un problème d’adhérence avec les Services Cloud en PaaS. Sur un dernier cas que j’ai eu à gérer, la DSI m’a aussi confié sa crainte du changement. Pour réussir sa transformation, il est plus que nécessaire de se faire accompagner par un expert, par exemple un Cloud Service Broker dont c’est le quotidien de conseiller par rapport à un besoin client. Par exemple, il est très difficile d’identifier le « meilleur » Cloud pour chaque projet sans avoir pratiqué un minimum d’informations et fait sa propre expérience. Personnellement je suis agnostique à un Cloud en particulier, et au quotidien j’oriente nos Clients par rapport à leurs objectifs : diminution de coûts ou simplification de l’infrastructure. Parfois, le challenge n’est pas technique et beaucoup l’oublient : savoir relever les aspects juridiques, ou de sécurité de l’information/protection des données à externaliser nécessite un véritable savoir-faire. D’autant que chaque Cloud a ses spécificités. Je leur propose d’y aller étape par étape, en basculant d’abord vers du IaaS puis d’aller progressivement vers le PaaS et SaaS. Mais dès l’instant ou vous ne tordez pas le modèle de votre solution pour la faire fonctionner sur un Cloud par rapport à votre idéologie je pense que vous aurez franchi une première étape.

Savoir choisir le bon

Comment choisir le bon Cloud ? Il n’y a pas de recette miracle, chaque Cloud aura ses avantages et ses risques. Chaque personne aura ses propres critères pour sélectionner le « meilleur » des Cloud.

Il est inutile d’imposer un Cloud sans avoir prise en compte les besoins des Dev ainsi que les critères de gestion des Ops. Le choix doit être collégial et il ne faut pas se focaliser à essayer de tout faire sur un seul Cloud mais au contraire prendre le meilleur de chacun. Aujourd’hui, sur le terrain, de plus en plus de clients choisissent de plus en plus une approche multicloud.

Vraiment risqué ?

L’argument numéro 1, ressorti à toutes les sauces : le Cloud Public est risqué. Il faut surtout garder à l’esprit que la donnée n’est plus chez vous. Est-ce que vous seriez prêt à confier votre propre carte de crédit sans pour autant demander un minimum de garantie ? Evidement chaque Cloud aura sa batterie de certifications et les arguments pour vous rassurer. Gardez juste à l’esprit que vous êtes au final sur des solutions mutualisées. Je pense que le critère principal est de définir et valider les données qui seront externalisées. Surtout si l’on parle de données sensibles pour une entreprise. Et de valider également avec votre service juridique le contrat qui vous lie avec le Cloud que vous aurez sélectionné. Une fois fait vous aurez franchi cette première étape et vous pourrez tirer pleinement des services qui seront mise à votre disposition.

Le Cloud Public, moins cher ?

De mon point de vue, si la seule motivation d’aller vers le Cloud Public est financière votre choix restera discutable surtout si on essaie de reproduire son SI sur un Cloud sans faire de transformation. Avec une mauvaise gestion de vos ressources Cloud, la facture peut très vite monter. Il y a deux aspects à considérer sur les gains économiques : diminution des coûts d’infrastructures du fait du fait d’une mutualisation de certains composants, du volume Client géré par les Cloud (on le voit aujourd’hui les coûts des ressources sont en constantes diminutions). Une seconde un peu plus délicate à gérer, c’est aussi moins de people au sein des DSI car le socle d’infrastructure (équipements, os, applis, …) ne sont plus à gérer.

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